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L’Autorité Parentale au Japon : La Réforme de 2024 et Ses Impacts sur les Couples Internationalisés en Cas de Divorce
L’autorité parentale est une question cruciale pour tous les parents, mais elle revêt une importance particulière au Japon, notamment dans le contexte des couples internationalisés. Le système juridique japonais et les différences culturelles peuvent rendre les situations de divorce particulièrement complexes pour les familles mixtes. En mai 2024, une modification majeure du Code civil japonais a été votée par le Parlement, introduisant l’autorité parentale conjointe, une réforme qui marque un tournant significatif dans la gestion de l’autorité parentale après un divorce. Nipon.com en parle sur cet article.
La Réforme du Code Civil de 2024
En mai 2024, le Parlement japonais a adopté une modification du Code civil visant à instaurer l’autorité parentale conjointe après un divorce. Cette réforme permet désormais à deux parents de partager l’autorité parentale, une pratique courante dans de nombreux pays occidentaux mais jusqu’alors absente du système juridique japonais.
Les Changements Apportés par la Réforme
Cette nouvelle législation permet aux parents divorcés de maintenir des droits égaux et partagés sur leurs enfants, facilitant ainsi une garde partagée. Cette réforme vise à assurer un meilleur équilibre et à protéger les droits des deux parents, tout en servant au mieux les intérêts de l’enfant. La réforme inclut également des dispositions pour faciliter la coopération internationale en matière de garde d’enfants, afin de mieux répondre aux besoins des couples internationalisés.
L’Autorité Parentale au Japon Avant la Réforme
Avant cette réforme, l’autorité parentale au Japon, ou « shinken » (親権), était régie par le Code civil qui stipulait que l’autorité parentale ne pouvait être confiée qu’à un seul des parents après un divorce. Cela signifiait qu’un des parents se voyait accorder la garde exclusive des enfants, tandis que l’autre perdait tous ses droits légaux de garde. Cette approche, en vigueur depuis longtemps, contrastait fortement avec les systèmes de garde partagée courants dans de nombreux pays occidentaux.
Les Implications de la Garde Unique
Ce système de garde unique pouvait entraîner des complications, notamment pour le parent non japonais. La perte totale de l’autorité parentale pour l’un des parents pouvait mener à des situations où il devenait difficile, voire impossible, pour ce parent de voir ses enfants, surtout s’il ou elle retournait dans son pays d’origine.
Les Défis pour les Couples Internationalisés
Les couples mixtes, composés d’un partenaire japonais et d’un partenaire étranger, font face à des défis uniques en matière d’autorité parentale et de divorce. Les différences culturelles et les barrières linguistiques peuvent aggraver ces problèmes, rendant le processus de divorce encore plus douloureux et compliqué.
Les Enlèvements Parentaux
L’une des préoccupations majeures pour les parents étrangers est le risque d’enlèvement parental. Le Japon a longtemps été critiqué pour son manque de coopération dans les affaires d’enlèvements internationaux d’enfants. Malgré son adhésion à la Convention de La Haye sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants en 2014, les cas de non-retour d’enfants par un parent japonais sont encore fréquents.
La Médiation et le Système Juridique
Le système de médiation familial au Japon, connu sous le nom de « chotei » (調停), est souvent la première étape pour les couples en instance de divorce. Cependant, ce processus peut être difficile pour les parents étrangers en raison des différences culturelles et linguistiques. De plus, les décisions de médiation favorisaient souvent le parent japonais, en raison des présomptions culturelles sur la garde des enfants.
La Lutte pour le Changement
Face à ces défis, de nombreux parents étrangers se sont mobilisés pour des réformes. Des groupes de soutien et des associations internationales ont plaidé pour une modification de la loi afin de permettre la garde partagée et une meilleure coopération internationale en matière de garde d’enfants. La réforme de mai 2024 est un aboutissement de ces efforts.
Les Efforts Internationaux
Des pays comme les États-Unis et la France ont intensifié leurs efforts diplomatiques pour résoudre les affaires d’enlèvement parental impliquant leurs citoyens au Japon. Cependant, les progrès étaient lents, et de nombreux parents continuaient de lutter pour leurs droits parentaux.

L’adoption de la réforme de mai 2024, introduisant l’autorité parentale conjointe, marque un tournant majeur dans la gestion de l’autorité parentale au Japon. Pour les couples internationalisés, cette modification législative apporte une lueur d’espoir en assurant une meilleure protection des droits parentaux et en facilitant la coopération internationale. Néanmoins, il est crucial que les parents soient bien informés et soutenus dans leurs démarches pour protéger leurs droits et ceux de leurs enfants. Cette réforme, bien qu’importante, est un pas parmi d’autres nécessaires pour répondre aux défis posés par les situations familiales complexes.